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Débat « Faire la ville en 2030 » (MAV EURALILLE)

Faire la ville en 2030 ?

« La ville est la plus réussie des constructions de l’homme ». Des premières agglomérations aux villes fortifiées, des cités jardins aux villes industrielles,  des villes nouvelles aux villes durables, la ville contemporaine est la stratification des époques.

« La ville est le seul être vivant capable de rajeunir » se plait à dire Jacques Attali.

Mais la ville restera-t-elle le lieu d’épanouissement de la vie et de l’économie ? Les bénéfices de l’urbanité resteront-ils supérieurs à ses écueils ? Qu’en sera-t-il demain ? Qui présidera à son évolution ? Quelles seront les pistes nouvelles à inventer pour cette ville du futur ?

Sur certains domaines, des pistes se dessinent : Le recours aux nouvelles technologies de l’information est incontournable, les « Smarts Grids » semblent une avancée bénéfique s’ils permettent une optimisation des équipements, des services, des offres.

Pour d’autres aspects, c’est le flou : on peut formuler des espérances mais leur aboutissement reste hypothétique.

Une chose est certaine : la ville sera ce que l’on en fera. « En faisant la ville, l‘homme se change lui-même ». Dire qui seront ces « urbanistes » de la ville de demain, c’est dire à quoi elle ressemblera et comment la société peut évoluer.

Afin d’éclairer ce champ des possibles, le CFDU (Conseil Français Des Urbanistes), avec L’ARUNPP, lancent une consultation nationale dans une grande enquête auprès des associations intervenant dans le champ de l’aménagement et de l’urbanisme.

Les résultats de ce sondage permettront de jeter les bases des Universités d’été du CFDU à Lyon les 27 et 28 Aout prochains.


Pour débattre de ces sujets, l’ARUNPP vous invite tous à participer à une

Table ronde prospective

à la MAV, mercredi 18 février de 18h à 20h,

avec Jean-Pierre MISPELON, président du CFDU.

> En attendant, nous vous invitons à répondre à la consultation nationale sur ce sujet en cliquant sur le lien suivant :
https://fr.surveymonkey.com/s/GXQHVCG

POUR INTRODUIRE LE DEBAT :


« Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous : Il est moins à découvrir qu’à inventer ».

Gaston BERGER, 1960

« La ville est la plus complète et la plus réussie des entreprises de l’Homme de refaire le monde à l’image de ses désirs.
Mais, si la ville est le monde que l’Homme créé, elle est aussi le monde dans lequel il est condamné de vivre.
Ainsi, indirectement, et sans pleinement connaître le sens de son action, en faisant la ville, l’Homme se change lui-même »

Robert Park, On Social Control and Collective Behavior, 1967

Urbanisme et Urbanistes en 2030


 2030, pour l’urbaniste c’est demain !

Juste un peu plus de deux mandats de maire : un délai pas vraiment suffisant pour impulser des inflexions lourdes. En 2030, un urbaniste de 30ans aujourd’hui en aura 45 et verra à peine sortir de terre ce qu’il commence à projeter en ce moment.

Comment imaginonsnous les urbanistes en 2030 ?

Alors que les collectivités bâtissent leur projet de territoire sur cet horizon de temps, le Conseil Français Des Urbanistes (CFDU) interroge les organisations qui travaillent sur l’urbanisme pour connaitre leur vision de l’urbanisme et de l’urbaniste dans quinze ans.

Cette question de temps est la clé de l’intervention  des urbanistes demain comme hier, imposant à l’urbaniste une connaissance approfondie de l’histoire de la ville de ses strates, de son épaisseur, de son vécu autant que de son espace et de sa géographie…

Intervenant sur la mobilité, il devra raisonner en flux plus qu’en stock, en mouvements plus qu’en lieux. Les déplacements ne seront plus l’affaire des seuls spécialistes des transports, mais se placeront dans une relation logique d’espace/temps insuffisamment  acquise à ce jour.

Enfin, ils seront confrontés au vieillissement d’une population dont la croissance sera très inégale selon les régions.

Face à ces évolutions du champ d’action, comment se définirait un urbaniste dans 15 ans ? 

Cette diversité des enjeux et des connaissances mettra l’urbaniste dans une double tendance, déjà perceptible, de métiers: Le « spécialiste » et  «  l’ensemblier » :

· Le spécialiste  (mais faut‐il parler d’urbaniste ?) sera un expert élaborant l’observation, la donnée, les projections du devenir de la ville. Il pourra aussi être celui qui développera ou adaptera les nouvelles technologies à l’urbain. Il pourra tester des scénarios de développement en construisant des outils adaptés de modélisation. Il devra être sociologue urbain : c’est sans doute celui qui manque le plus de nos jours. Il continuera à être économiste de la ville, de la mobilité, géographe, ingénieur, architecte,… sans oublier de rester un urbaniste‐chercheur, parent pauvre du métier trop souvent soumis aux « opérationnels » !

· L’ensemblier sera celui qui comprendra et traduira la commande, celui qui saura construire, sans hégémonie et avec pédagogie, l’aide à la décision pour la ville de demain. Il devra être l’animateur des différents spécialistes, comprenant leur langage et leur approche. Il saura formaliser les commandes, animer l’équipe pluridisciplinaire et être capable de synthèse, de compromis. L’urbaniste de 2030 définira les besoins, proposera des objectifs quantifiés, phasés, et définira les outils opérationnels adaptés. Sa démarche se rapproche de celle d’un assistant à maître d’ouvrage maîtrisant les méthodes et la conduite de « projet ». Ainsi, il saura manier les outils collaboratifs les plus performants.

En second lieu, quel sera son cadre de décision de référence ?

En 2030, l’urbaniste travaillera toujours plus dans une démocratie représentative en poursuivant l’intégration de la réelle participation des habitants dans les processus de conception urbaine. Il devra enrichir sa réflexion, ses visions, ses projets par des concertations ouvertes et fortes et rechercher des espaces de coproduction de la ville avec ses usagers.

Dans des évolutions sociétales de plus en plus fragmentées, l’urbaniste sera celui qui permettra la rencontre, le lien, l’échange, le partage, le frottement.  Son travail sur les services communs (espaces publics, transports, équipements, services, …) sera essentiel.

Dans une société de plus en plus inquiète, angoissée, névrosée, l’art dans la ville offrira une vision sublimée du cadre de vie.

Enfin, quels seraient ses territoires de travail ?

L’urbaniste de 2030 devra travailler avec une vision rénovée sur les territoires abandonnés et sur lesquels il ne travaille peu aujourd’hui : la ville banalisée, le périurbain, le rurbain, les zones d’exclusion, …  Largement privatisés, la reconquête de ces territoires par la profession s’avère difficile, car il n’existe pas actuellement d’intérêt et de ressources propres importantes pour étudier et intervenir sur ces secteurs. L’urbaniste ne considérera pas, à contrario de la production de certains « star architectes » que la production de la ville peut se faire par addition de projets urbains discontinus.

Le futur n’existe pas, il est à inventer chaque jour.

Pour que l’urbaniste de 2030 puisse travailler, il conviendra que, dans un contexte de frugalité de l’argent public, les collectivités réservent les ressources nécessaires pour réaliser des études et des travaux de qualité. Les urbanistes attirent l’attention des décideurs sur l’importance de réserver des crédits significatifs.

Les villes européennes évolueront sans doute peu, mais dans le même temps l’ensemble du monde sera à dominante urbaine. L’urbaniste de 2030 devra élargir son territoire d’intervention vers l’Asie, l’Afrique, … Il devra ouvrir son horizon et rechercher l’association des savoir‐faire. Il ne cherchera pas à dupliquer des modèles occidentaux mais tiendra compte des spécificités locales, culturelles et sociales.

Humaniste, l’urbaniste de 2030 mettra l’homme au cœur de la ville, avec empathie et compréhension des données et composantes sociales. L’urbaniste sera toujours avant tout celui qui aime la ville, avec et surtout pour sa complexité.

Comment imaginer l’urbanisme en 2030 ?

Notre monde connait, on le sait, des changements profonds : sociaux, sociétaux, écologiques, économiques, démographiques… Cette transition, à l’échelle de la planète, ne sera pas qu’énergétique et aura un impact sur l’ensemble de nos modes de vie individuels ou collectifs : déplacements des personnes et des flux de marchandises, rapports à la nature, protection de la biodiversité… Elle supposera une gouvernance réactive et adaptée, une autre organisation spatiale, mais aussi – et surtout – une appropriation de ces problèmes par la société dans un nouveau rapport « habitant-acteur ».

Nécessairement plus urbaine, la ville devra répondre aux besoins de nature et de sécurité du citoyen et générer une nouvelle envie d’habiter.

Par nature pluridisciplinaire et systémique, au croisement du spatial, du social et du réglementaire, l’urbanisme est au cœur de ces mutations.

Acteur de premier rang de l’environnement, l’urbaniste, en position de maître d’ouvrage ou de maître d’œuvre, public ou privé, concepteur ou assistant à maître d’ouvrage, doit se saisir de ces problèmes et réaffirmer, dans une vision prospective de son métier, la nécessité de :

· COMPRENDRE la transition dans toutes ses dimensions, et penser le changement dans une vision anticipatrice, participatrice et dynamique de la ville,

· AIDER les habitants à accepter leur cadre de vie et CONSTRUIRE une ville aimable, mixte et apaisée,

· RÉALISER, à côté des élus, les nécessaires et pédagogiques synthèses spatiales et temporelles permettant la compréhension de la ville et des territoires,

· PLANIFIER l’évolution durable des territoires et rédiger les documents qui les structurent,

· ASSISTER les décideurs dans la décision et le montage de leurs projets urbains d’aménagement,

· PROPOSER, dans une vision humaniste de l’urbanisme, des espaces publics générateurs de bien-être.

 Comment imaginonsnous l’urbaniste en 2030 ?

Les professionnels doivent, de même, inventer leur avenir, par-delà les différences et les appropriations du terme « Urbaniste ».

Cette variété des formations, des exercices de métiers, des postures contribue à un certain brouillage et même un brouillage certain de la profession, en général, et du titre d’urbaniste, en particulier. Contrairement à beaucoup de professions (docteur, avocat, boulanger, maçon et même architecte) le métier de l’urbaniste est si vaste qu’il convient souvent de préciser sa posture : urbaniste-sociologue, urbaniste-économiste, urbaniste-architecte, urbaniste-paysagiste, urbaniste-écologue, urbaniste-ingénieur, urbaniste-aménageur…. Ces titres aident alors à comprendre quelle fonction dans l’urbanisme exerce le professionnel. Celui qui anime des démarches participatives dans un projet urbain ne fait en effet pas le même métier que celui qui conçoit des espaces publics. Mais ils travaillent tous les deux à une certaine adéquation d’une demande à l’offre. D’une certaine manière l’urbaniste-urbaniste n’existe pas de même que le titre « urbaniste » embrasse une telle diversité de métiers qu’il ne permet pas de décrire le travail.

Le CFDU se propose d’interpeller 2030 organisations de professionnels d’élus d’habitants intervenant dans le champ de l’urbanisme et du cadre de vie autour de cette simple question : comment imaginer la ville dans 15 ans et les professionnels pour la faire ?

Toutes les contributions seront analysées et alimenteront les débats de l’université d’été du CFDU de 2015 fin aout à LYON.

http://www.ifore.developpement-durable.gouv.fr/nouveaux-modes-de-vie-en-2030-questions-pour-l-a293.html

Quels sont les leviers d’optimisation de la ville ?