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Les 10 ans de l’ARUNPP

C’était en début décembre 2015, à cet endroit même où 10 ans plus tôt le club des urbanistes fusionnait avec la délégation régionale de la SFU pour créer l’ARUNPP.

Ce fut une soirée ponctuée des témoignages de quelques uns parmi celles et ceux qui ont participé à la vie de l’association, par ordre alphabétique :

(cliquer sur le nom pour accéder à l’enregistrement)

David Bourgeois, Laurence Cormier, Agnès Demotié, Philippe Druon, Jean-Marie Ernecq, Bruno Feracci, Dominique Lancrenon, Benoit Poncelet, Jean-Claude Senhadji, William Ten Have Dallinga,

 

 

 

 

 

QUIZ : petit jeu sur l’étalement urbain

 (Sur un travail de Jean-Charles CASTEL)

1
L’étalement urbain est un terme inapproprié aujourd’hui
VRAI

La notion d’étalement urbain correspondait bien à l’extension en tache d’huile des agglomérations dans les années soixante. Aujourd’hui, on assiste à un émiettement du développement urbain par des implantations autour des villages ruraux.

2
L’étalement urbain se ralentit. L’étalement urbain s’accélère
VRAI

Le démographe constate une croissance de population dans l’espace périurbain positive mais ralentie par rapport aux décennies précédentes. Le géomètre, quant à lui, découvre une consommation d’espace qui augmente par habitant.

3
Dans l’espace urbanisé, le non-bâti occupe plus de place que le bâti
VRAI

L’espace bâti représente 2% du territoire métropolitain. L’espace artificialisé non bâti représente 6%. Soit un total de 8%.

4
L’étalement urbain est causé principalement par l’habitat périurbain
FAUX

Un peu plus de la moitié des nouveaux espaces urbanisés en une année est destinée aux activités économiques et aux équipements publics.

5
L’éloignement de l’habitat répond d’abord à la quête de nature des habitants
FAUX

La principale motivation est la recherche d’un grand logement en accession à moindre prix. Le principal reproche fait à la ville, outre les prix inaccessibles, concerne le bruit. Le manque de nature vient en second plan.

6
L’extension de l’habitat est liée à la croissance des revenus
VRAI

Le nombre de m2 par habitant est corrélé avec le PIB par habitant. Le nombre de m2 de plancher de logement par habitant a multiplié par trois en un siècle, proportionnellement à la croissance des revenus.

7
L’habitat augmente même là où la population baisse
VRAI

Le nombre de ménages augmente environ trois fois plus vite que la population. Alors que l’on constate des variations de population négatives sur toute la diagonale nord-est/sud-ouest, le nombre de communes enregistrant une baisse de ménages est très faible. D’où une forte demande de logements.

8
La limitation des zones d’urbanisation future dans les POS des agglo permet de maintenir la population dans l’agglomération
FAUX

Cela réduit l’étalement urbain dans le périmètre du POS de l’agglo, mais cela repousse l’étalement urbain au-delà.

9
De toutes façons, l’étalement urbain s’arrêtera tout seul en raison de la loi de Zahavi qui limite le temps passé dans les transports quotidiens
FAUX

Premièrement il n’est pas sûr que la loi de Zahavi soit intangible. Deuxièmement, l’emploi se délocalise de plus en plus vers les banlieues. Troisièmement, une portion croissante des accédants dans le périurbain sont des retraités, donc non soumis à cette loi.

10
Les changements d’emploi sont plus rapides que les changements de logement
VRAI

En un an, le taux de rotation des emplois (18%) est le double de celui des migrations résidentielles (9%). Pour les salariés du secteur privé, le taux de rotation des emplois est de 40%. Au sein d’un département, il n’y a plus qu’un tiers des déménagements qui soit motivé par une mutation d’emploi.

11
Les prix élevés sont liés à la rareté foncière, alors qu’il y a abondance de foncier
VRAI

Le géographe constate qu’il y a abondance de terrains libres ou pouvant être densifiés, même en ville. Mais le promoteur constate que ces terrains ne sont pas mis sur le marché. En France, le foncier est un bien spéculatif qui subit une forte rétention.

12
Les communes déjà péri urbanisées adoptent un comportement malthusien contre l’urbanisation
VRAI

Les communes, qui ont déjà connu la péri urbanisation et n’ont plus de déficit démographique, n’ouvrent plus les zones à urbaniser qu’au compte goutte, juste pour maintenir leur effectif scolaire. Elles repoussent l’étalement urbain dans les communes plus éloignées. Les petites communes à faible potentiel fiscal ont aussi intérêt à accueillir de nouveaux arrivants avec parcimonie et à ne pas densifier pour éviter de nouveaux investissements (assainissement collectif, éclairage public, trottoirs).

13
Les communes périurbaines sont sous-équipées
VRAI

Moins de 3% des communes des zones périurbaines ont une crèche, un quart seulement une école maternelle, moins de la moitié un commerce d’alimentation générale. Mais le périmètre communal est moins pertinent pour l’analyse que les organisations intercommunales. Les communes nouvellement périurbanisées sont sous-équipées à l’opposition des plus anciennes qui ont rattrapé le retard.

14
L’étalement urbain est la cause de la disparition des forêts et de l’agriculture
FAUX

Les forêts sont en augmentation continue et couvrent la France d’aujourd’hui autant qu’à la fin du Moyen-Age. L’abandon de terres agricoles résulte d’abord de l’insuffisance de rentabilité et des contraintes imposées par la mécanisation de l’agriculture. La périurbanisation pose cependant des problèmes à l’agriculture périurbaine.

15
Avec l’étalement urbain, la ségrégation sociale s’étale
VRAI

La diversité sociale qui existait au sein d’un même quartier s’estompe et évolue vers un marquage social plus fort des quartiers ou des communes. Les impacts de cette dilatation géographique en termes d’intégration ou de ségrégation sociale ne sont pas évidents.

16
La ville dense permet des économies de coûts de fonctionnement
FAUX

A équipement constant, la densité permet des économies d’échelles. Mais l’analyse des budgets montre que les coûts de fonctionnement des municipalités ont des rendements d’échelle décroissants quand la densité augmente. Plus il y a d’habitants, plus le coût par habitant est élevé, parce qu’il y a davantage de coûts à prendre en charge. Cela se retrouve dans la fiscalité locale.

17
Les communes rurales ne paient pas leur coûts
VRAI
Dans les communes rurales, les réseaux sont largement financés par les institutions de rang supérieur, à commencer par le conseil général (routes départementales). Cela procure une réserve de territoire facile à urbaniser, dont le coût des équipements principaux est déjà amorti.

18
L’étalement urbain de l’habitat est créé principalement par les lotissements.
FAUX

Les deux-tiers des logements neufs sont des maisons individuelles, et parmi celles-ci, seulement 35% se font dans un lotissement. L’étalement de l’habitat se fait essentiellement dans le diffus.

19
La création d’une ville attractive avec des tramway, des parcs et de l’habitat alternatif stoppe l’étalement urbain
FAUX

Le renforcement de l’attractivité de la ville fait monter les prix immobiliers. Seuls les ménages aisés ont le choix de leur localisation. Les autres sont encore davantage rejetés du marché immobilier urbain. En outre, les villes ont une pénurie de grands logements pour les familles avec enfants.

20
Les acquéreurs de maisons individuelles ont des revenus modestes
VRAI

Le prix moyens d’une opération de maison individuelle neuve (maison+terrain) est de 130 000 euros. Le revenu moyen des ménages accédants est de 2300 euros mensuels y compris prestations familiales.

21
Si on arrête de créer des voiries périurbaines, on stoppe l’étalement urbain
FAUX

Si on arrête de créer des voiries périurbaines, on stoppe seulement l’accès à l’habitat périurbain pour les classes moyennes qui travaillent dans l’agglomération et on augmente le coût des livraisons de marchandises. On ne stoppe pas la périurbanisation des plus riches (qui ont une double résidence), ni des retraités, ni des actifs qui travaillent à l’extérieur de l’agglomération.

22
Les habitants des villes-centre travaillant à l’extérieur de leur commune ont les déplacements domicile-travail les plus longs
VRAI

Les habitants périurbains sont plus nombreux a travailler hors de leur commune (80%) que les habitants des villes-centre (32%). Mais lorsqu’un habitant de la ville-centre travaille à l’extérieur de sa commune, il parcourt un trajet plus long (souvent lié aux délocalisations d’emploi).

23
La montée des prix du pétrole stoppe l’étalement urbain
FAUX

Difficile de prédire le futur. En revanche, la période des chocs pétroliers de 1975 et 1978 a correspondu à la période où l’on a connu l’étalement urbain le plus fort.

24
Le vieillissement de la population fait revenir les personnes âgées au centre
FAUX

Le comportement des personnes âgées est divers. Il dépend de leurs revenus, de leurs loisirs et de leur milieu culturel. Pour faire face à la croissance du quatrième âge, les maisons de retraite investissent autant en ville que dans les zones rurales.

25
Ville dense ou étalée : un modèle écologique s’impose
FAUX

En théorie, l’habitat collectif neuf a de meilleures performances énergétiques que l’habitat individuel. Pour la gestion des eaux pluviales, le tri des déchets et le compost, les zones d’habitat individuel s’en sortent mieux. Les zones de maisons individuelles sont moins performantes pour les déplacements domicile-travail quotidiens, mais pour les déplacements de week-end et de vacances, les déplacements sont essentiellement liés aux revenus. L’écologie est moins un problème de forme urbaine que de comportement.

Urbanisme et Urbanistes en 2030


 2030, pour l’urbaniste c’est demain !

Juste un peu plus de deux mandats de maire : un délai pas vraiment suffisant pour impulser des inflexions lourdes. En 2030, un urbaniste de 30ans aujourd’hui en aura 45 et verra à peine sortir de terre ce qu’il commence à projeter en ce moment.

Comment imaginonsnous les urbanistes en 2030 ?

Alors que les collectivités bâtissent leur projet de territoire sur cet horizon de temps, le Conseil Français Des Urbanistes (CFDU) interroge les organisations qui travaillent sur l’urbanisme pour connaitre leur vision de l’urbanisme et de l’urbaniste dans quinze ans.

Cette question de temps est la clé de l’intervention  des urbanistes demain comme hier, imposant à l’urbaniste une connaissance approfondie de l’histoire de la ville de ses strates, de son épaisseur, de son vécu autant que de son espace et de sa géographie…

Intervenant sur la mobilité, il devra raisonner en flux plus qu’en stock, en mouvements plus qu’en lieux. Les déplacements ne seront plus l’affaire des seuls spécialistes des transports, mais se placeront dans une relation logique d’espace/temps insuffisamment  acquise à ce jour.

Enfin, ils seront confrontés au vieillissement d’une population dont la croissance sera très inégale selon les régions.

Face à ces évolutions du champ d’action, comment se définirait un urbaniste dans 15 ans ? 

Cette diversité des enjeux et des connaissances mettra l’urbaniste dans une double tendance, déjà perceptible, de métiers: Le « spécialiste » et  «  l’ensemblier » :

· Le spécialiste  (mais faut‐il parler d’urbaniste ?) sera un expert élaborant l’observation, la donnée, les projections du devenir de la ville. Il pourra aussi être celui qui développera ou adaptera les nouvelles technologies à l’urbain. Il pourra tester des scénarios de développement en construisant des outils adaptés de modélisation. Il devra être sociologue urbain : c’est sans doute celui qui manque le plus de nos jours. Il continuera à être économiste de la ville, de la mobilité, géographe, ingénieur, architecte,… sans oublier de rester un urbaniste‐chercheur, parent pauvre du métier trop souvent soumis aux « opérationnels » !

· L’ensemblier sera celui qui comprendra et traduira la commande, celui qui saura construire, sans hégémonie et avec pédagogie, l’aide à la décision pour la ville de demain. Il devra être l’animateur des différents spécialistes, comprenant leur langage et leur approche. Il saura formaliser les commandes, animer l’équipe pluridisciplinaire et être capable de synthèse, de compromis. L’urbaniste de 2030 définira les besoins, proposera des objectifs quantifiés, phasés, et définira les outils opérationnels adaptés. Sa démarche se rapproche de celle d’un assistant à maître d’ouvrage maîtrisant les méthodes et la conduite de « projet ». Ainsi, il saura manier les outils collaboratifs les plus performants.

En second lieu, quel sera son cadre de décision de référence ?

En 2030, l’urbaniste travaillera toujours plus dans une démocratie représentative en poursuivant l’intégration de la réelle participation des habitants dans les processus de conception urbaine. Il devra enrichir sa réflexion, ses visions, ses projets par des concertations ouvertes et fortes et rechercher des espaces de coproduction de la ville avec ses usagers.

Dans des évolutions sociétales de plus en plus fragmentées, l’urbaniste sera celui qui permettra la rencontre, le lien, l’échange, le partage, le frottement.  Son travail sur les services communs (espaces publics, transports, équipements, services, …) sera essentiel.

Dans une société de plus en plus inquiète, angoissée, névrosée, l’art dans la ville offrira une vision sublimée du cadre de vie.

Enfin, quels seraient ses territoires de travail ?

L’urbaniste de 2030 devra travailler avec une vision rénovée sur les territoires abandonnés et sur lesquels il ne travaille peu aujourd’hui : la ville banalisée, le périurbain, le rurbain, les zones d’exclusion, …  Largement privatisés, la reconquête de ces territoires par la profession s’avère difficile, car il n’existe pas actuellement d’intérêt et de ressources propres importantes pour étudier et intervenir sur ces secteurs. L’urbaniste ne considérera pas, à contrario de la production de certains « star architectes » que la production de la ville peut se faire par addition de projets urbains discontinus.

Le futur n’existe pas, il est à inventer chaque jour.

Pour que l’urbaniste de 2030 puisse travailler, il conviendra que, dans un contexte de frugalité de l’argent public, les collectivités réservent les ressources nécessaires pour réaliser des études et des travaux de qualité. Les urbanistes attirent l’attention des décideurs sur l’importance de réserver des crédits significatifs.

Les villes européennes évolueront sans doute peu, mais dans le même temps l’ensemble du monde sera à dominante urbaine. L’urbaniste de 2030 devra élargir son territoire d’intervention vers l’Asie, l’Afrique, … Il devra ouvrir son horizon et rechercher l’association des savoir‐faire. Il ne cherchera pas à dupliquer des modèles occidentaux mais tiendra compte des spécificités locales, culturelles et sociales.

Humaniste, l’urbaniste de 2030 mettra l’homme au cœur de la ville, avec empathie et compréhension des données et composantes sociales. L’urbaniste sera toujours avant tout celui qui aime la ville, avec et surtout pour sa complexité.

Comment imaginer l’urbanisme en 2030 ?

Notre monde connait, on le sait, des changements profonds : sociaux, sociétaux, écologiques, économiques, démographiques… Cette transition, à l’échelle de la planète, ne sera pas qu’énergétique et aura un impact sur l’ensemble de nos modes de vie individuels ou collectifs : déplacements des personnes et des flux de marchandises, rapports à la nature, protection de la biodiversité… Elle supposera une gouvernance réactive et adaptée, une autre organisation spatiale, mais aussi – et surtout – une appropriation de ces problèmes par la société dans un nouveau rapport « habitant-acteur ».

Nécessairement plus urbaine, la ville devra répondre aux besoins de nature et de sécurité du citoyen et générer une nouvelle envie d’habiter.

Par nature pluridisciplinaire et systémique, au croisement du spatial, du social et du réglementaire, l’urbanisme est au cœur de ces mutations.

Acteur de premier rang de l’environnement, l’urbaniste, en position de maître d’ouvrage ou de maître d’œuvre, public ou privé, concepteur ou assistant à maître d’ouvrage, doit se saisir de ces problèmes et réaffirmer, dans une vision prospective de son métier, la nécessité de :

· COMPRENDRE la transition dans toutes ses dimensions, et penser le changement dans une vision anticipatrice, participatrice et dynamique de la ville,

· AIDER les habitants à accepter leur cadre de vie et CONSTRUIRE une ville aimable, mixte et apaisée,

· RÉALISER, à côté des élus, les nécessaires et pédagogiques synthèses spatiales et temporelles permettant la compréhension de la ville et des territoires,

· PLANIFIER l’évolution durable des territoires et rédiger les documents qui les structurent,

· ASSISTER les décideurs dans la décision et le montage de leurs projets urbains d’aménagement,

· PROPOSER, dans une vision humaniste de l’urbanisme, des espaces publics générateurs de bien-être.

 Comment imaginonsnous l’urbaniste en 2030 ?

Les professionnels doivent, de même, inventer leur avenir, par-delà les différences et les appropriations du terme « Urbaniste ».

Cette variété des formations, des exercices de métiers, des postures contribue à un certain brouillage et même un brouillage certain de la profession, en général, et du titre d’urbaniste, en particulier. Contrairement à beaucoup de professions (docteur, avocat, boulanger, maçon et même architecte) le métier de l’urbaniste est si vaste qu’il convient souvent de préciser sa posture : urbaniste-sociologue, urbaniste-économiste, urbaniste-architecte, urbaniste-paysagiste, urbaniste-écologue, urbaniste-ingénieur, urbaniste-aménageur…. Ces titres aident alors à comprendre quelle fonction dans l’urbanisme exerce le professionnel. Celui qui anime des démarches participatives dans un projet urbain ne fait en effet pas le même métier que celui qui conçoit des espaces publics. Mais ils travaillent tous les deux à une certaine adéquation d’une demande à l’offre. D’une certaine manière l’urbaniste-urbaniste n’existe pas de même que le titre « urbaniste » embrasse une telle diversité de métiers qu’il ne permet pas de décrire le travail.

Le CFDU se propose d’interpeller 2030 organisations de professionnels d’élus d’habitants intervenant dans le champ de l’urbanisme et du cadre de vie autour de cette simple question : comment imaginer la ville dans 15 ans et les professionnels pour la faire ?

Toutes les contributions seront analysées et alimenteront les débats de l’université d’été du CFDU de 2015 fin aout à LYON.

http://www.ifore.developpement-durable.gouv.fr/nouveaux-modes-de-vie-en-2030-questions-pour-l-a293.html

Quels sont les leviers d’optimisation de la ville ?


 

Piétons, faites le trottoir

 

Respecte_mon_trottoirLa loi sur l’accessibilité a étendu, en 2005, l’obligation « d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite » des bâtiments publics aux espaces publics. Mesure très sociale, s’il en est, puisqu’elle permet aux habitants – valide ou moins valide, mobile ou moins mobile, jeunes ou moins jeunes – de se déplacer plus facilement et en toute sécurité. Ainsi, une personne avec des enfants en poussette est « à mobilité réduite ». Mais aussi un adulte avec béquille, un malvoyant ou une personne âgée en petite forme…. On estime au total à 60% le nombre de ces personnes ! Plus de la moitié de la population connait en effet, à un moment de sa vie, un handicap.

Les communes se sont donc lancées dans des travaux d’accessibilité de leurs bâtiments par des rampes d’accès normalisées le plus souvent. Mais le point le plus critique, celui relatif à l’accès aux espaces publics cette fois, et en particulier aux trottoirs, n’est toujours pas réglé.

TROTTOIR : « Un trottoir est un espace réservé aux piétons de chaque côté des rues » (source Wikipédia). La règlementation ajoute : « distinct de la chaussée et de tout emplacement aménagé pour le stationnement. Sa limite est repérable et détectable » et précise que : « les places de stationnement ne peuvent faire un avec le trottoir ».

Je ne sais pas vous, mais moi, là où j’habite, c’est toujours le même parcours du combattant : Aller à pied de mon domicile à la poste ou chez le boulanger, soit moins d’un kilomètre de petite ville périurbaine bordée de maisons individuelles, c’est par endroit kamikaze ! Pourquoi ? Parce beaucoup considèrent que le trottoir leur appartient : ils y stationnent leur voiture. « Les piétons n’auront qu’à marcher sur la route départementale » disent-ils ! Résultat : Par sécurité ou plutôt par insécurité, devrais-je dire, aucun parent n’accepte d’envoyer ses enfants à l’école à pied, encore moins à vélo et c’est le schéma « bagnole 20 fois par jour » qui perdure avec les pollutions et le CO2 qui en découlent !

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Bien avant la loi sur l’accessibilité, le code de la route précisait déjà (Art. R. 417-5) :
« L’arrêt ou le stationnement d’un véhicule empiétant sur un passage prévu à l’intention des piétons est interdit. Le fait de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la première classe. » soit 17 € ; une part du produit revient d’ailleurs aux communes et aux départements au titre des « amendes de police ».

Les maires doivent être vigilants sur ce problème car leur responsabilité peut être engagée en cas d’accident. Elles doivent rendre aux piétons de tous âges et de toutes mobilités l’espace de sécurité qui leur est dû … tout en gagnant de l’argent sur le dos des incivilités !